• AIMERIEZ VOUS VOIR DE LA DANSE AVEC UN MESSAGE ET UNE INCROYABLE TECHNIQUE ?

    JUSSI TOSSAVAINEN HELSINGIN SANOMAT



    Le titre choisi par la compagnie belge Opinion Public, APART/HEID, pourrait effrayer le public, par son caractère sérieux et politique. Nul besoin d’avoir peur. La pièce est revendicatrice mais elle est aussi hilarante – portée par des danseurs d’exception. L’expérience est un véritable plaisir.

    Les cinq ancien danseurs du Béjart Ballet forment une galerie de personnages supposé s’entendre dans leurs petite communauté. Il y a deux hommes quasi identiques, se reflétant l’un et l’autre avec un plaisir narcissique. Ce loser, transpirant l’échec, qui tente vainement d’offrir ses tournesols fanés à la fille d’à côté.

    Et soudain apparaît ce personnage ne correspondant à aucuns types. L’action de la pièce tourne autour de ce personnage mi- homme, mi-femme. Un être barbu portant une robe. Provocant un rejet de masse par les autres protagonistes, dû a son anormalité.

    Jusqu’au moment de la photo de groupe. C’est incroyable comme le chorégraphe, Étienne Béchard, nous montre toutes les règles non écrites de la dynamique de groupe. Nous présentons bien de l’extérieur mais lorsque l’on gratte le vernis social, nous voyons apparaître en chacun d’entre nous une critique de l’immigration.

    Parallèlement au sérieux ou, du moins, du message pris considérablement sérieusement, le chorégraphe offre au public, aussi souvent qu’il le peut, de petits moments de douceur. La position de la seule femme de la compagnie, montrée derrière des jalousies, est assez cruelle. Comme une burkha mentale. Les femmes et les monstres n’ont pas voix au chapitre. Les jalousies représentent aussi bien d’autres symboles au cours du spectacle. Penser aux racines du mot jalousie en finnois* ou le mot blind** en anglais.

    Le sublime et l’ordinaire se fondent en un plaisir hystérique. Sur l’air de la marche funèbre « Eroica » de Beethoven, un vent glacial défie le groupe qui trouve enfin un accord – enfin, pour le moment. Comme l’esprit de la guerre d’hiver***. Hissant le drapeau au nom de l’humanité.

    Mais l’humain apprend-il jamais ? Au moins avons nous besoin de la forte expérience que nous procure ce genre spectacle pour nous le rappeler de temps en temps. Le publique de Kuopio, à l’unanimité, applaudissant et frappant des pieds, semblent être du même avis que moi.